Data scientists, growth hackers : de nouveaux noms pour des métiers sous tension

Le 11 Déc 2014

Article de Franck Stassi, publié le 11 décembre 2014 sur businessmarches.com.

De nombreux métiers du Web sous tension recouvrent de nouveaux intitulés pour s’adapter aux évolutions du marché.

Le big data, le développement Web et l’e-marketing constituent des disciplines pourvoyeuses d’emploi dans le domaine du digital. Derrière des appellations pour certaines surprenantes et des fiches de poste qui évoluent se cachent des compétences bien identifiées, et des professions pas forcément nouvelles. Judith Tripard, consultante senior au sein du cabinet de recrutement Clémentine, spécialisé dans les métiers de l’Internet, répond aux questions de Business & Marchés.

Quels profils sont particulièrement recherchés dans l’univers du numérique ?

Les profils big data (data scientists, ingénieurs big data, data miners…), les développeurs (Java J2EE, .NET, PHP…), ainsi que les product owners/product managers sont sollicités en premier lieu. Nous cherchons aussi des ingénieurs sachant travailler en mode agile – qui s’oppose à la traditionnelle gestion de projet en V – et dont un des principes est de satisfaire le client en livrant rapidement et régulièrement des fonctionnalités à forte valeur ajoutée.

Le secteur du développement Web est par ailleurs toujours sous tension. Les besoins diffèrent en fonction des langages de programmation mais quoi qu’il en soit, les développeurs mènent le jeu sur le marché du recrutement. C’est une bulle. Les salaires décollent. Les taux de turn over aussi.

Le big data constitue-t-il réellement un créneau prometteur en termes de création d’emplois ?

Les statistiques parlent d’elles-mêmes : le McKinsey Global Institute a prévu que d’ici 2018, les États-Unis seulement pourraient faire face à une pénurie de 190.000 personnes combinant compétences analytiques et informatiques. Cette étude a également révélé un besoin imminent de 1,5 million d’ingénieurs big data dans le monde. Donc oui, c’est un créneau très prometteur.

Vous distinguez des opportunités pour les growth hackers ou les product managers. Comment définir ces nouveaux métiers ?

Ce sont des nouveaux intitulés de métiers et il y a un effet de mode mais les métiers en tant que tels ne sont pas complètement novateurs.

Le growth hacking n’est pas une nouvelle discipline, mais plutôt une nouvelle façon de voir la croissance des entreprises web. Le propre du growth hacking est d’analyser finement chaque étape du cycle de vie du consommateur et d’identifier les leviers d’acquisition et de fidélisation, afin de booster la croissance. Ce n’est pas un nouveau métier non plus. Le plus célèbre growth hack vient d’Hotmail, qui était un des premiers webmails avec une faible croissance. En 1996, les fondateurs se sont rendu compte que 80% des inscriptions provenaient de recommandations. Un des investisseurs a eu l’idée de mettre une phrase à la suite de chaque email : « P.S. I love you. Get your free email at Hotmail ». Résultat : la croissance a décollé. En 18 mois, la start-up a eu 12 millions d’utilisateurs (sur les 70 millions internautes de l’époque) et a été vendue à Microsoft pour 400 millions de dollars.

Le product manager non plus n’est pas un nouveau métier. C’est un poste d’Assistance à Maitrise d’Ouvrage (AMOA) appliqué au Web. Concrètement il participe à la coordination des projets techniques ; il est l’interface entre les équipes métiers (donneurs d’ordre) et les développeurs. Il encadre les développeurs avec l’aide d’un « lead technique » et s’appuie sur des méthodes de développement « agiles ».

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